Brahim Saci, l’artiste au grand cœur – les quêtes humanistes d’un poète

Brahim Saci, l’artiste au grand cœur

10 Juillet 2015, par Youcef Zirem

Brahim Saci, les quêtes humanistes d’un poète

Peu d’artistes ont sa sincérité, peu d’artistes ont eu son parcours dans la vie. Brahim Saci est mon ami depuis de longues années mais ce n’est pas pour cela que j’écris ces quelques mots. Je pense que c’est toujours bon de saluer ceux qui ont voué leur existence à la culture kabyle, sous toutes ses formes. Arrivé à Paris à l’âge de 10 ans, Brahim Saci s’est accaparé de la culture française mais sans jamais perdre la culture kabyle. Universitaire, travaillant dans les services culturels de la ville de Paris, Brahim Saci est un grand lecteur : sa bibliothèque dans le 20 e arrondissement regorge de titres rares, de livres dans tous les genres littéraires. Quand il part en vacances en Kabylie, il revient toujours avec une centaine de livres publiés en Algérie. Tout ce qui a été publié sur la Kabylie, depuis de longues années, on le trouve chez Brahim Saci, une belle prouesse…Lorsqu’il découvre l’œuvre de Slimane Azem, grâce à son père, un valeureux militant de la fédération de France du FLN, un admirateur passionné du poète Si Mohand Ou Mhand, Brahim Saci est tout de suite happé par ce chanteur-poète extraordinaire, un homme aux grands principes, un nationaliste libre, plutôt « messaliste ». Véritable gentleman, en solitaire, Brahim Saci fait des portraits dans les plus belles places de Paris. Cela ne l’empêche pas d’enregistrer son premier album, avec un bel hommage justement à Slimane Azem. Baraka aidant, la voix de Brahim Saci ressemble étrangement à celle de Slimane Azem. C’est donc bon signe. A ce moment-là, Slimane Azem est encore marginalisé, ici et là ; des artistes kabyles ont même peur de parler de lui. Ayant écrit des centaines de poèmes en langue kabyle et en langue française, Brahim Saci va encore sortir trois autres albums, tous imprégnés d’une thématique philosophique qui plonge ses racines dans la culture kabyle originelle. Homme au grand cœur, Brahim Saci a toujours évité les querelles inutiles ; au contraire, il est toujours là pour encourager la solidarité, l’amitié, l’humanisme, les quêtes démocratiques. C’est cela Taqvaylit, ces valeurs ancestrales qui ont soudé et sauvegardé notre société. Brahim Saci est un exemple à prendre, parmi tant d’autres. Bravo l’artiste !

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