Fleurs aux Épines de Brahim Saci. Les lumières qui remplissent la vie.

FLEURS AUX ÉPINES DE BRAHIM SACI.

Les lumières qui remplissent la vie

 

Les lumières qui remplissent la vie

Chantant et écrivant en kabyle et en français, universitaire, Brahim Saci nous donne à lire dans ce recueil une poésie qui nous fait du bien, qui apaise notre âme.

Ce sont des poèmes vivants et enivrants que vient de publier, aux éditions du Net, en France, le chanteur kabyle Brahim Saci. Dans ce recueil, qui fait voyager le lecteur au titre évocateur de Fleurs aux épines, l’enfant de Tifrit At Umalek va au fond de lui-même pour exprimer ses joies et ses peines. «Certains êtres ont fait de la folie un but, pourtant que la vie est belle! Certains abandonnent leur chien, leur chat, leur coeur, côtoyant des brutes, se précipitent vers les ténèbres, abandonnant le ciel», écrit Brahim Saci dans un émouvant poème intitulé Loin du ciel. Au fil des pages, on passe d’une expérience à une autre, d’une errance à l’autre, parfois c’est la lassitude, parfois ce sont des âmes obscurcies, parfois ce sont des esprits vils, parfois c’est le feu qui embrase le coeur, mais au bout ce sont également des lumières qui remplissent la vie de ceux qui savent être patients. Il y a beaucoup de sagesse dans ce somptueux recueil, Brahim Saci nous emporte avec lui dans ses belles pérégrinations poétiques; c’est le riche parcours d’un vrai artiste que nous découvrons.
«Vivez l’instant sans penser à demain, votre soleil peut ne pas se lever le matin, restez dans la lumière, (…) Même quand votre coeur est plein, occupez-vous de votre jardin, ne jugez jamais, ayez un bon caractère», soutient le poète qui a longtemps marché dans les rues de Paris, tout en pensant à son pays l’Algérie et à sa belle Kabylie où il est né. La nostalgie est là, le temps s’enfuit, l’amour s’effiloche, le coeur saigne, et pourtant il faut encore espérer, il faut encore croire à demain. «Ô celle pour qui je tremble et frisonne! A chaque souvenir ou évocation de son nom, mon coeur épuisé tombe comme une feuille d’automne, qu’on piétine à terre cette saison, (…) Les accidents de la vie passent, il est plus facile de les affronter à deux, l’amour recolle ce que la vie casse, si l’on n’a pas peur d’être heureux», écrit Brahim dans un poème intitulé Souvenir.
Le poète s’interroge sur le mal qui vient toujours abîmer le bien et la beauté du monde; il tente de trouver des réponses, il se fait, parfois, mystique. «Il y a tant de mystères, qui se cachent derrière l’apparence des choses, tant de vermines sur la terre, du sang sur les épines des roses, la laideur se voile d’une beauté éphémère, la vie elle-même est trompeuse, tant de démons se cachent derrière des prières, les ombres sont nombreuses, que peut la frêle lumière? Quand tant d’âmes sont ténébreuses, on veut faire de la terre un désert, ô fragile existence orageuse!» Tel est le cri sincère d’un homme qui a toujours aimé les mots. Face au destin, l’homme tente de trouver le chemin de l’harmonie; il veut être lui-même, il ambitionne d’être humain et utile aux autres. Mais les chemins sont parfois escarpés et inaccessibles. Dans un poème intitulé L’Impasse, le poète écrit: «(…) Les démons rôdent, je le sais, guettant la frêle harmonie, piétinant tout ce qui est vrai, semant l’orage pour étouffer les cris. (…) Le destin se joue de nous, fier, il nous piétine quand on croit le tenir, il nous jette là où se raréfie l’air, sans amour, sans amis, pour nous affaiblir.» Chantant et écrivant en kabyle et en français, universitaire, ancien animateur de radio, ancien caricaturiste et portraitiste sur les belles et célèbres places parisiennes, Brahim Saci nous donne à lire dans ce recueil une poésie qui nous fait du bien, qui apaise notre âme.

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Fleurs aux épines, Editions du Net, 136 pages, octobre 2016

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