« Fleurs aux épines » de Brahim Saci : quelques mots pour réveiller l’amour

Après avoir écrit et chanté en langue kabyle, Brahim Saci est revenu à ses premiers amours : la poésie de langue française.

Universitaire, enfant de Kabylie, venu s’installer à Paris, à la fin des années 1970, Brahim Saci vient de publier son premier livre, un somptueux recueil de poésie intitulé : « Fleurs aux épines ». Cette ouvrage de 130 pages est sorti récemment aux éditions du Net, basées à Saint-Ouen, dans la région parisienne.

On ne trouvera pas dans ces textes l’immense passion que voue Brahim Saci à son aîné Slimane Azem ; on découvrira surtout une autre facette de l’enfant de Tifrit At Umalek. A travers des poèmes d’amour, d’interrogations et de sagesse, Brahim Saci se raconte, dit le temps qui passe et les blessures qu’il nous inflige ; il trace des pistes pour que nous ne perdions pas, définitivement. C’est un mot de Charles Baudelaire qui est mis en exergue de ce livre : »Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance, comme un divin remède à nos impuretés ».

Paris, carrefour mondial de la culture, est aussi un personnage de ces poésies : « Ô Paris, douce et cruelle ! Tu m’as comblé par tous les vents, jeune tu m’as donné des ailes, je sais aujourd’hui ce qui m’attend, les regrets s’avancent en rampant, pour me faire payer les années folles, je sens déjà le poids des ans, je vois mes espoirs qui s’envolent », écrit Brahim Saci dans un poème intitulé L’Etoile. Il est aussi question de paradis perdu, de naufrage, de cris noyés, d’incertitude mais aussi de lumières. « Soyez-vous mêmes si vous voulez vivre heureux, ne laissez personne briser votre cœur, le pardon est toujours possible sortez du feu, réveillez l’amour qui est en vous, s’effaceront vos peurs, rien n’est jamais acquis, les vautours et autres fossoyeurs, sont à l’affût pour peindre votre ciel de gris, si vous êtes faibles on volera votre bonheur », soutient le poète dans un texte intitulé Protégez votre cœur. « Fleurs aux épines » est également une ode à la liberté, à la soif de vivre, chaque jour, chaque instant. « Ne laissez pas fuir le temps précieux sans le vivre, comme le sable fuyant entre les doigts, de la vie, soyez toujours ivre, ne laissez personne vous imposer son choix ! Soyez toujours libres ! Ne laissez personne entraver vos ailes, fouillez en vous, vous trouverez l’équilibre et l’amour qui vous rapprocheront du ciel », nous dit Brahim Saci dans un poème intitulé le Temps est précieux. Le poète erre, ici et là, tout seul ; il s’épuise à crier, il veut surtout exister dans l’instant éternel, estime Brahim Saci.

« Fleurs aux épines » est un recueil apaisant, agréable à lire, reposant pour les âmes sensibles qui ont souffert : c’est un livre qui permet au lecteur de prendre du recul sur l’avancée vertigineuse des jours.

Youssef Zirem

« Fleurs d’épines », recueil de poésie de Brahim Saci, publié chez les éditions du Net, octobre 2016

Culture

Le Matin (http://www.lematindz.net)

26 Oct 2016

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