Conservatoire du 8ème arrondissement La belle prestation de Brahim Saci

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Conservatoire du 8ème arrondissement
La belle prestation de Brahim Saci
Ambiance de fête et convivialité ont été au  rendez-vous le temps d’une belle soirée. La chanson kabyle a enthousiasmé le public.

Une fois n’est pas coutume, c’est un chanteur kabyle que l’Amicale du conservatoire du 8ème arrondissement de Paris présente. Pour une première, c’est une grande réussite. Le public apprécie et sort comblé de ce défilé de chansons venues d’Afrique du Nord. C’est un prélude andalou qui démarre le show. Ce morceau fait déjà voyager l’assistance. On se met à imaginer les splendeurs d’une autre époque. L’orchestre composé de Ahmed Ait Amar (violon), Hammouche Yahia (alto), Hacène Ait Moula (derbouka), Cherat Ramdane (banjo), Ali Benali Amirouche (guitare), Belarbi Nadir (clavier) et Djemli Madjid a une grande expérience derrière lui. Brahim Saci chante ses succès comme La Colombe, le Déclin des jours ou encore Vas mon âme. Il envoûte le public avec des paroles en kabyle et en français. L’artiste a grandi en France où il a suivi des études littéraires et a beaucoup lu Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et les autres poètes français.

Brahim Saci a également été portraitiste sur les places touristiques parisiennes tout comme il a eu une expérience radiophonique dans sur les ondes franco-maghrébines quand il faisait des émissions sur la littérature et l’histoire des Berbères. Les poètes berbères Si Mohand ou Mhand et Slimane Azem le marquent à jamais. Brahim Saci produit de 1992 à 1997 cinq albums à Paris. Ces créations parlent de l’amour, de la nostalgie d’une terre perdue, du temps qui passe  inexorablement, de la douleur de vivre des mauvais jours, des affres de l’exil, du désir de surmonter les difficultés. A sa façon, il continue les quêtes artistiques de Slimane Azem, un grand artiste que le pouvoir algérien n’a pas cessé de marginaliser jusqu’à sa mort en 1983.

Brahim Saci interprète D nekwni i d nekwni (ce que nous sommes), une merveilleuse chanson de Slimane Azem et enflamme la salle. Au même moment, des douceurs berbères et du thé à la menthe sont distribués au public. La convivialité atteint ses sommets et la belle Véronique Vernon, vice-présidente du conservatoire, est bien contente. A bien des égards, cette soirée du mercredi 7 juin 2006 restera dans les mémoires des admirateurs de Brahim Saci.

Par Youcef Zirem

La Maison des journalistes-Paris- 11 juin 2006