Brahim Saci, chanteur Quand la terre natale fait parler un poète

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Brahim Saci, chanteur
Quand la terre natale fait parler un poète

Sur les traces de l’immense chanteur Slimane Azem, le poète écrit  sur l’exil et ses tourments. L’auteur de « Lmoudja » (La vague), décrit  les peines de toutes les personnes qui vivent loin de la terre qui les  a vu naître et grandir.

Auteur, compositeur et interprète, Brahim Saci est l’un des plus   grands chanteurs kabyles. Ses textes très poétiques, chantés en Kabyle  ou en Français, nous bercent et nous ouvrent les yeux pour voir la vie  autrement. Sur les traces de l’immense chanteur Slimane Azem, le poète  écrit sur l’exil et ses tourments. L’auteur de « Lmoudja » (La vague),  décrit les peines de toutes les personnes qui vivent loin de la terre  qui les a vu naître et grandir. L’être humain est toujours lié au pays  natal. On peut être riche et goûter à tous les plaisirs de la vie,  mais rien ne peut remplacer cette seconde mère. Brahim compose  aussi des chansons sur l’existence et ses paradoxes Avec des  paroles  soigneusement élaborées et des mélodies exquises, le chanteur nous  invite à écouter, à savourer, à méditer sans cesse de très belles chansons, qui témoignent de la lucidité et de l’humanisme d’un artiste  très sensible. Le fils de la Kabylie est un intellectuel qui n’est pas
indifférent devant les souffrances des autres. Par le truchement de  ses créations artistiques merveilleuses, il témoigne, s’interroge sur  les maux qui noircissent la vie de nombre de personnes.
L’universitaire regrette toutes les valeurs qui ont tendance à être  supplantées par un matérialisme farouche et rêve d’un monde meilleur.

Brahim Saci est né en Algérie, dans un village de Kabylie, Tifrit Naït  Oumalek, village célèbre sous la protection du très vénéré Saint, Sidi  M’Hamed Oumalek. La tradition rapporte que ce dernier s’est établi  dans cette belle région, probablement vers la fin du XIVe siècle.  Brahim Saci est l’un de ses descendants. Jusqu’à l’âge de 10 ans, il  passa une enfance heureuse au village. Puis il partit rejoindre son  père à Paris. Il suit sa scolarité à l’école primaire Eugène Varlin,  au collège Gustave Courbet à Pierrefitte, puis au lycée Paul Eluard à  Saint-Denis.

Déjà poète- adolescent, s’inspirant de Baudelaire (1821-1867), de  Rimbaud (1854-1891) et de Nerval (1808-1855), il remporta des prix aux  concours de poésie organisés par le lycée Paul Eluard. Une chose qui  le motive énormément. Très tôt, il a baigné dans les Arts, bercé par  les chants berbères que fredonnaient sa grand-mère et sa mère. Déjà  enfant, il était fort doué en dessin, il devint des années plus tard,  dessinateur, caricaturiste (un métier qu’il pratiqua durant ses
voyages en Allemagne, en Suisse, en Autriche, qu’il continue d’exercer  à Paris). Après un Baccalauréat littéraire, philosophie, langues, il  entame des études universitaires à l’Université Paris VIII, à  Saint-Denis. Après une licence, langues étrangères appliquées,  affaires et commerce et une maîtrise en anglais, traduction  scientifique et technique, il se passionne pour la musique et
approfondit l’écriture.Il devient alors auteur, compositeur et interprète d’expression  franco-berbère. Animateur à Radio Beur en 1992, à Radio France Maghreb  en 1995, de 1993 à 1997 il présente des rubriques littéraires dans le  domaine berbère à Bellovaque FM. A Beur FM de 1996 à 1997, à France  Maghreb FM de 1998 à 2000, il présente des rubriques sur l’histoire  antique des berbères. En plus de ses multiples quêtes intellectuelles,  l’auteur de « Leghdar n watmatien » (la trahison des frères) continue  de chanter ses belles et originales compositions.

Même si les médias algériens parlent si peu de lui, Brahim Saci est un  grand chanteur qui a une oeuvre importante, qui est à savourer et à  décrypter.

Yacine Remzi

Le Midi Libre du 24 Août 2008